Le poids démographique de la France au sein de l’Union Européenne.

03/10/2011
By


Introduction:

Depuis 2007, l’Union Européene compte 27 Etats membres, au terme de six grandes vagues d’intégration (3 en 1973, 1 en 1981, 2 en 1986, 3 en 1995, 10 en 2004 et 2 en 2007). Ainsi l’Union Européene avec 495 millions d’habitants environs représente aujourd’hui le troisième espace de population au monde après la Chine et l’Inde. On peut se demander comment se place la France au sein de l’Union Européene ? La France se distingue parfois de la moyenne européene : pays le plus vaste par sa superficie, elle jouit également d’une démographie des plus compétitive. Elle est aussi la destination la plus attractive pour le tourisme puisque près de 80 millions de visiteurs viennent y séjourner chaque année.  La France est par ailleurs l’un des pays où les émissions de dioxyde de carbone liéée aux consomations énérgétiques sont les plus faibles. J’ai effectivement évoqué que la France possédait une bonne démographie. Mais qu’est-ce qu’une bonne démographie ? Quel est le poid démographique de la France au sein de l’Union Europééene ? En bref, dans quelles mesures peut-on dire que la France fait partie des « hyperpuissances  démographiques » de l’Union Europééne ?

Population en France métropolitaine

Population en France métropolitaine
en milliers
http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATnon02145p : données provisoires.
r : données révisées.
Source : Insee, estimations de population et statistiques de l’état civil.
Nombre
1851 36 452
1901 40 681
1951 42 010
1961 45 904
1971 51 016
1981 54 029
1991 56 841
2001 59 267
2006 61 400
2007 (r) 61 795
2008 (r) 62 135
2009 (p)(r) 62 474
2010 (p)(r) 62 799
2011 (p) 63 136

Avec ce tableau on peut voir que le France a connu une augmentation de population de 90% environs depuis 1851 à nos jours. Ceci ne constitue en rien à un élément significatif de l’évolution de la population française à cause de l’effet de structure, cependant on peut juste remarquer que la France voit une augmentation certaine de sa population. Il faut dire que la plupart des pays d’Europe ont connus une augmentation similaire, mais peut-on dire que le cas de la France est différent par rapport à ses voisins europééens ? Quels sont les caractéristiques de cette évolution ?

I-Le cas de la France.

Évolution générale de la situation démographique  Française.

Évolution générale de la situation démographique
en milliers
(p) solde migratoire 2008, populations et soldes migratoires 2009.
* Les arrondis ne permettent pas de retrouver la population de l’année suivante par simple sommation.
Champ : France.
Sources : Insee, estimations de population et statistiques de l’état civil.
Année Population au 1er janvier Naissances vivantes Décès Solde naturel Solde migratoire évalué Ajustement*
2001 60 941 803,2 541,0 + 262,2 + 87 + 94
2002 61 385 792,7 545,2 + 247,5 + 97 + 94
2003 61 824 793,0 562,5 + 230,6 + 102 + 94
2004 62 251 799,4 519,5 + 279,9 + 105 + 94
2005 62 731 806,8 538,1 + 268,7 + 92 + 95
2006 63 186 829,4 526,9 + 302,4 + 112 0
2007 63 601 818,7 531,2 + 287,5 + 74 0
2008 (p) 63 962 828,4 542,6 + 285,8 + 75 0
2009 (p) 64 323 824,6 548,5 + 276,1 + 70 0

http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATnon02151

On voit graçe à ce document que le solde naturel de la France est élevé : environs +250,+260 au cours des 10 dernière années. Alors que le solde migratoire n’est pas si élevé qu’on pourrait le penser : moyenne de +80. Cet élément pourrait apparaitre comme une caractéristique de l’évolution de population de la France.

http://www.ined.fr/fr/pop_chiffres/france/structure_population/pyramide_ages/

En regardant la pyramide des âges de la France, on voit nettement qu’elle n’a pas une structure aussi resserée de ce qu’on pourrait penser d’un « vieux » pays. En effet, la part des 40/60 ans est importante, cependant la part de jeunes c’est-à-dire des 10/25ans reste relativement élevée pour un pays qualifié de « vieux ».

Jean-Phillipe Cotis « La France dans l’Union Européene » 2008 p83  http://www.insee.fr/fr/publications-et-services/ue2008/ue2008_Ouvrage-FRA.pdf

« L’Irlande, la France, les pays scandinaves et le Royaume-Uni sont les pays les plus féconds avec leur indicateur conjoncturel de fécondité, supérieur à 1.8 enfant par femme […] »

Par conséquent, la France avec un indicateur conjoncturel de fécondité proche de 2.0 est l’un des plus élevé de l’Europe. Ce qui prouve que les femmes française ont tendance à faire beaucoup d’enfants. Ceci permet d’expliquer en partie la structure spécifique de la pyramide des âges de la France.

Pour ce qui concerne la France en particulier, l’évolution de sa population se fait par un fort ICF (environs 2.0), ce qui induit un fort solde naturel comme on l’a vue avec le premier document. Tout ceci amène à une France qui possède une pyramide des âges très particulière, contrairement à la qualification qu’on lui donne.

Mais quelles comparaisons peut-on faire avec les autres pays européens ? Quel rang tient la France au niveau démographie au sein de l’Union Européene ?

II-La France et l’Union Européene.

Dans cette partie, on reprendra des données développées dans la premère partie mais en les comparant avec les chiffres des pays de l’Union Européene afin de tirer des conclusions.

Évolution de la population dans les pays de l’Union européenne

Évolution de la population dans les pays de l’Union européenne
en 2008
Note : Données provisoires. Pays classés par taux d’accroissement total de la population en 2008 décroissant.http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=98&ref_id=CMPFPS02136
(1) : Pour 1 000 habitants.
(2) : Taux d’accroissement de la population imputable au solde migratoire, pour 1 000 habitants.
Source : Eurostat.
Population au 1er janvier 2009 (en milliers) Taux brut de natalité (1) Taux brut de mortalité (1) Taux d’accroissement naturel (1) Taux brut de solde migratoire (2) Taux brut d’accroissement total (1)
Espagne 45 828 11,4 8,5 2,9 9,1 12,0
Slovénie 2 032 10,5 9,2 1,3 9,6 10,9
Chypre 797 11,6 6,4 5,1 4,4 9,6
République tchèque 10 468 11,5 10,1 1,4 6,9 8,3
Malte 414 10,0 7,9 2,1 5,9 8,1
Belgique n.d. 11,7 9,5 2,2 5,6 7,8
Royaume-Uni n.d. 12,9 9,4 3,5 3,7 7,4
Italie 60 045 9,6 9,7 -0,1 7,2 7,1
France 64 351 13,0 8,5 4,5 1,2 5,7
Pays-Bas 16 486 n.d. n.d. 3,0 n.d. 4,9
Autriche 8 355 9,3 9,0 0,3 4,1 4,4
Union européenne n.d. n.d. n.d. 1,2 n.d. 4,2
Grèce 11 260 10,3 9,5 0,8 3,4 4,1
Slovaquie 5 412 10,6 9,8 0,8 1,3 2,1
Portugal 10 627 9,8 9,8 0,0 0,9 0,9
Pologne 38 136 10,9 10,0 0,9 -0,4 0,5
Estonie 1 340 12,0 12,4 -0,5 0,1 -0,4
Roumanie 21 499 10,3 11,8 -1,5 0,1 -1,4
Hongrie 10 031 9,9 13,0 -3,1 1,6 -1,4
Allemagne 82 002 8,3 10,3 -2,0 -0,7 -2,6
Lettonie 2 261 10,6 13,7 -3,1 -1,1 -4,2
Lituanie 3 350 10,4 13,1 -2,6 -2,3 -4,9

Bien que la France ne soit pas en première place au niveau du taux brut d’accroissement total, on voit qu’elle est en première place pour le taux d’accroissement naturel. Ce qui signifie que par rapport à ses voisins européens la France se renouvelle naturellement et de plus possède un solde migratoire positif.

http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=98&ref_id=CMPTEF02157

Taux d’accroissement annuel de la population dans l’Union européenne

Taux d’accroissement annuel de la population dans l’Union européenne
pour 1 000 habitants
p : données provisoires.
r : données révisées.
* : rupture de série.
Source : Eurostat.
Solde naturel Solde migratoire Accroissement total
2007 2008 (r) 2009 (p) 2007 2008 (r) 2009 (p) 2007 2008 (r) 2009 (p)
Allemagne -1,7 -2,0 -2,3 0,5 -0,7 -0,1 -1,2 -2,6 -2,4
Autriche 0,2 0,3 -0,1 4,1 4,1 2,5 4,3 4,4 2,4
Belgique (r) 2,2 2,2 2,0 5,5 5,6 5,1 7,7 7,8 7,1
Bulgarie -4,9 -4,3 -3,6 -0,2 -0,1 -2,1 -5,1 -4,4 -5,6
Chypre 4,1 5,1 5,5 9,4 4,5 2,3 13,5 9,6 7,8
Danemark 1,6 1,9 1,4 3,7 4,6 2,8 5,3 6,5 4,2
Espagne 2,4 2,8 2,4 15,6 9,2 1,1 18,0 12,0 3,5
Estonie -1,2 -0,5 -0,2 0,1 0,1 0,0 -1,1 -0,4 -0,2
Finlande 1,8 2,0 2,0 2,6 2,9 2,7 4,4 4,9 4,7
France 4,5 4,5 4,3 1,1 1,2 1,1 5,6 5,6 5,4
Grèce 0,2 0,9 0,9 3,6 3,2 3,1 3,8 4,1 4,0
Hongrie -3,5 -3,1 -3,4 1,4 1,6 1,7 -2,1 -1,4 -1,7
Irlande 9,8 10,6 10,2 10,6 0,4 -6,2 20,4 11,0 4,0
Italie -0,2 -0,1 -0,4 8,4 7,3 5,3 8,2 7,1 4,9
Lettonie -4,3 -3,1 -3,6 -0,3 -1,1 -2,1 -4,6 -4,2 -5,7
Lituanie -3,9 -2,6 -1,6 -1,6 -2,3 -4,6 -5,5 -4,9 -6,2
Luxembourg 3,4 4,1 4,0 12,5 15,8 13,2 15,9 19,9 17,2
Malte 1,9 2,1 2,2 4,2 5,9 -3,8 6,1 8,1 -1,5
Pays-Bas 2,9 3,0 3,1 -0,1 1,9 2,3 2,9 4,9 5,4
Pologne 0,3 0,9 0,9 -0,5 -0,4 0,0 -0,3 0,5 0,8
Portugal -0,1 0,0 -0,5 1,8 0,9 1,4 1,7 0,9 1,0
République tchèque 1,0 1,4 1,0 8,1 6,9 2,7 9,1 8,3 3,7
Roumanie -1,7 -1,5 -1,6 0,0 0,1 -0,1 -1,7 -1,4 -1,7
Royaume-Uni 3,2 3,5 3,7 3,5 3,1 3,0 (r) 6,7 6,6 6,7
Slovaquie 0,1 0,8 1,5 1,3 1,3 0,8 1,4 2,1 2,3
Slovénie 0,6 (*) 1,7 1,5 7,1 (*) 9,2 5,6 7,7 (*) 10,9 7,2
Suède 1,7 1,9 2,3 5,9 6,0 6,7 7,6 8,0 9,1
Union européenne à 27 1,0 1,2 1,0 3,9 2,9 1,7 4,8 4,0 2,8

Ce document nous montre à peu prêt les mêmes données, cependant on voit que la France est nettement au dessus de la moyenne européene pour le solde naturel. On remarque egalement que la France possède un accroissement total élevé par rapport d’une part avec la moyenne européene, et d’autre part avec la plupart des grands pays européens, que ce soit l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, ou le Royaume-Uni (si on néglige l’Irlande).

http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=98&ref_id=CMPTEF02215

Natalité et fécondité au sein de l’Union européenne

Natalité et fécondité au sein de l’Union européenne
p : données provisoires.
(1) : y compris Saint-Martin et Saint-Barthélemy.
(2) : indicateur conjoncturel de fécondité et âge moyen à la maternité en 2008.
Source : Eurostat.
Naissances vivantes (en milliers) Taux de natalité (en ‰) Indicateur conjoncturel de fécondité Âge moyen à la maternité (en années)
2009 (p)
Allemagne 665,1 8,1 1,4 30,2
Autriche 76,3 9,1 1,4 29,7
Belgique 126,0 11,7 1,8 29,6
Bulgarie 81,0 10,7 1,6 26,6
Chypre 9,6 12,0 1,5 30,4
Danemark 62,8 11,4 1,8 30,5
Espagne 494,3 10,8 1,4 31,0
Estonie 15,8 11,8 1,6 29,1
Finlande 60,4 11,3 1,9 30,1
France (1) 825,6 12,8 2,0 29,9
Grèce 117,9 10,5 1,5 30,2
Hongrie 96,4 9,6 1,3 29,1
Irlande 74,8 16,8 2,1 31,2
Italie (2) 568,9 9,5 1,4 31,1
Lettonie 21,7 9,6 1,3 28,4
Lituanie 36,7 11,0 1,6 28,6
Luxembourg 5,6 11,3 1,6 30,7
Malte 4,1 10,0 1,4 29,2
Pays-Bas 184,9 11,2 1,8 30,7
Pologne 417,6 10,9 1,4 28,6
Portugal 99,5 9,4 1,3 29,7
République tchèque 118,3 11,3 1,5 29,4
Roumanie 222,4 10,4 1,4 26,9
Royaume-Uni (2) 790,2 12,8 2,0 29,3
Slovaquie 61,2 11,3 1,4 28,5
Slovénie 21,9 10,7 1,5 30,0
Suède 111,8 12,0 1,9 30,7
Union européenne à 27 (2) 5 370,9 10,7 1,6 29,7

On voit tout d’abord que la France est première au niveau du nombre des naissances et deuxième (derrière l’Irlande) pour le taux de natalité. Mais on voit surtout que la France a un ICF de 2.0 c’est-à-dire 0.4 au dessus de la moyenne européene. Comparée aux autres grands pays ou bien même aux nouveaux pays entrant adns l’UE, elle est largement favorisé par ce chiffre.

On a donc vue que les caractéristiques de la population française montrées dans la première partie sont bien des atouts pour le pays. En les comparant avec les autres pays de l’UE, on se rend bien compte de l’importance de tous ces critères que ce soit l’ICF, solde naturel ou solde migratoire (pour compenser le manque de solde naturel par exemple). On peut donc penser qu’une « bonne démographie » nécessite une adéquation entre tous ces critères.

Conclusion :

Pour conclure, la France possède donc une bonne démographie au sein de l’Union Européene. Voir même (par rapport à sa taille et son importance) le premier pays d’Europe sur le plan démographique. Que ce soit pour l’ICF, le solde naturel, migratoire ou même pour le taux de mortalité etc. La France fait partie des meilleure dans tout ces domaines. Avec l’Europe des 27 en 2007 et l’arrivé des pays de l’Est, la première impression aurait été de penser que ces nouveaux pays donneraient un coup de jeune à l’Europe. Cependant, on l’a vue, c’est plutôt la France, entre autre, qui montre l’exemple au sein même de l’UE. Malgres cela, il faut tout de même nuancer les chiffres et les statistiques que l’on peut voir. En effet, rien que l’ICF (comme son nom l’indique) est sensible à la conjoncture, ce ne sont que des prévisions et des moyennes. On peut tout de même s’en servir comme repère de comparaison car ce sont les mêmes chiffres et les mêmes calculs pour tous. D’ailleurs dans l’accroissement total il ne faut pas négliger la part de chaques parties de la formule, c’est-à-dire le solde naturel et le solde migratoire, lequel est majoritaire ou non etc.

Pour résumer, la France a reussi à garder une très forte fécondité vis-à-vis de son status de « vieux » pays européen. Ce qui à permis au pays de connaitre une croissance de population importante et caractéristique par rapport aux autres grosses puissances de l’UE. En effet, la France a moins recourt à l’immigration que ses voisins tels que l’Allemagne ou même l’Italie.

Tags: , ,

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *