Les contrastes du territoire français depuis la centralisation Napoléonienne

03/10/2011
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Napoléon Bonaparte, dès le Concordat, reprit la position des jacobins concernant la centralisation du pouvoir français, de manière administrative mais aussi géographique.


En prenant Paris comme centre du pouvoir, il allait instaurer une centralisation géographique de la France qui amènerait les politiques français, au cours de la première moitié du XXème siècle, à tenter de réduire la « macrocéphalie » de Paris, tant en terme d’infrastructures que de densités démographiques.

Il est donc ainsi intéressant de se demander si les moyens mis en place pour tenter de rééquilibrer cette situation ont été suffisants.

Dans une première partie, nous analyserons les effets de la centralisation Napoléonienne, puis de la métropolisation sur la place de Paris dans le territoire français (I).

Nous étudierons ensuite les mesures mises en place par  les responsables de l’aménagement du territoire pour réduire le poids de la capitale ainsi que les disparités territoriales (II).

I/Les origines du déséquilibre du territoire français.

 

Napoléon reprit la centralisation du pouvoir à Paris, à l’instar des Jacobins pendant la Révolution Française (1792-1794), dans la « loi du 28 pluviôse an VIII » (1800).

Il y créa l’organisation départementale de la France.

Figure 1:  Les départements français, 1806


Cependant, en faisant de Paris la capitale de son Empire, centre administratif et décisionnel de la France, Napoléon posait les bases du déséquilibre territorial français actuel :

http://universalis.accesdistant.bnr.univ-catholille.fr/encyclopedie/paris/ – 21



La situation fut dégradée par le phénomène de métropolisation que connut la France au cours du XXème siècle.

En effet, le particularisme français engendra une polarisation autour de Paris, capitale et centre névralgique du pays depuis le Premier Empire.


Paris ne cessa de s’étendre, devenant une véritable « ville ogre », en termes démographiques comme économiques.



Figure 2: Le poids démographique de Paris au XXe siècle


En effet, si Paris draine les populations, la capitale est surtout au centre des échanges économiques.

Ainsi, le réseau routier et ferroviaire est comme « happé » par la capitale.


Figure 3: Réseau routier national, Journal officiel du 10 décembre 2005

Cependant, les responsables de l’aménagement du territoire tentent depuis le milieu du siècle (1960) de contrebalancer le poids de Paris sur le territoire.

II/ Les remèdes aux disparités territoriales

Dès 1963, la Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale (DATAR) tenta de faire contrepoids à Paris en développant les grandes villes de province :


http://bit.ly/hNBQDh


Cette mesure répondait à l’avis de géographes de l’époque, ainsi qu’il est expliqué dans les Annales de Géographie (1967) :


http://bit.ly/flImBt


En réalité, il s’agissait surtout de mettre fin au « désert français » (J-F Gravier).


En mettant en place des centres d’affaires, des centres hospitaliers régionaux, et en les reliant plus tard à Paris et entre elles par divers axes de communication (TGV Paris-Lyon en 1981)




Figure 4: Le réseau TGV en France


Cependant, le résultat fut mitigé, et les métropoles d’équilibre finirent par être délaissées en 1970, comme il en est fait mention dans la Documentation Francaise :

http://bit.ly/eNcKqn


D’autres solutions furent trouvées pour changer la géographie des activités (et de la densité démographique), comme la procédure d’agrément préalable, les primes d’aménagement du territoire ou la politique de « délocalisation ».




Figure 5: Les primes d’aménagement du territoire en France



Le résultat semblait néanmoins relativement faible au regard des espérances suscitées.

Il est vrai qu’une partie des objectifs fut atteinte. Les disparités du territoire, entre l’Est et l’Ouest du pays notamment, furent atténuées

On assista à une véritable affirmation des villes de province, par le biais d’un développement (démographique notamment), et d’un dynamisme accru.



Figure 6: Le dynamisme démographique des itales de régions et métropoles d’équilibre


Ce graphique confirme l’intérêt du Sénat pour l’aménagement du territoire français: http://bit.ly/hBXDtT


Cependant, ce dynamisme restait à tempérer, le retard vis-à-vis des autres pays européens, et surtout de Paris, qui restait le veritable pole démographique francais(9 millions d’habitants, loin devant Marseille, Lyon et Lille)/

Ainsi, une carte récente prenant en compte la démographie des agglomérations de France montre toujours un poids démographique presque insurmontable de Paris


Figure 7: Le poids démographique actuel de Paris

Ainsi, les mesures mises en place pour brider Paris se sont révélées partiellement inefficaces.

De plus, alors que la politique de l’aménagement du territoire s’était avérée active au milieu du XXe siècle, elle a connu un effacement progressif vers la fin du siècle.


À l’heure où la pensée jacobine semble désuète, peut-être serait-il bon de penser non pas à réduire le poids de Paris, comme cela fut tenté auparavant, renforçant même son rayonnement national et international, mais peut-être songer à augmenter sereinement l’importance des métropoles de province.

Cependant, de tels changements ne peuvent intervenir qu’avec des transformations de l’appareil Etatique, qui lui-même reste centralisé à Paris.

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