La natalité en France : une exception

03/31/2011
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L’institut National de la statistique et des études économiques répertorie 828 000 naissances pour l’année 2010, plus qu’en 2009, alors que le nombre de femmes en âge d’avoir des enfants baisse. Le taux de fécondité à un âge donné a progressé et a atteint 2,01, chiffre record depuis la fin du baby boom. Les presses étrangères qualifient ce phénomène français comme un « mini baby boom », ce terme est quelque peu exagéré mais notre comportement démographique étonne nos voisins. En effet La France est la championne d’Europe de la fécondité et de l’espérance de vie. La France gagne 18% d’habitants de plus de 30 ans, alors que ses voisins n’obtiennent que 10% de plus. Le solde naturel, différence entre le nombre de naissance et le nombre de décès, est positif alors qu’en Allemagne et en Italie il est négatif. Le dynamisme de leur pays est assuré grâce au solde migratoire. En France il n’est que de 75 000 personnes.

La France par sa démographie se différencie. Ainsi on pourrait s’interroger sur les raisons de cette forte fécondité et en quoi elle se distingue des autres pays européens.

Dans un premier temps, il sera possible d’étudier les comportements natalistes antérieurs à 2010, puis les caractéristiques de la natalité française actuelle et pour finir, nous aborderons les raisons pour lesquelles nous nous démarquons de nos voisins européens.

I)                   Un passé

Ce comportement démographique n’a pas toujours été le même au fil des siècles, en France.

a)      La fin de L’Ancien Régime


http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/comm_0588-8018_1986_num_44_1_1653

L’ancien régime est marqué par une forte natalité. En effet le nombre d’enfant par femme en moyenne était de 5. A partir de 1790, on observe une chute brutale. L’âge au mariage croît par conséquent la natalité baisse. D’autre part on peut observer une baisse volontaire de la fécondité dans les classes privilégiées. C’est le début du contrôle des naissances.

b)      Fin du XIXème siècle à 1939


http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bmsap_0301-8644_1891_num_2_1_7548

La France, contrairement à l’Allemagne, n’a pas crée de gisement de population. L’Allemagne compte 1 800 000 naissances alors que la France en compte 900 000. Elle ne peut peupler les colonies. Son nombre de conscrits est insuffisant en cas de guerre avec son voisin.  La démographie française ne représente pas une force pour le pays.

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/premiere-guerre-mondiale/consequences-demographiques.shtml

La première guerre a entraîné une chute des naissances. Malgré une période de rattrapage de courte durée en 1918, la France manque de main d’œuvre et de jeunes individus à cause des classes creuses.

c)      Le baby boom 1945-1973

http://www.ined.fr/fichier/t_publication/1227/publi_pdf2_fr_431.pdf

1945, l’Europe sort victorieuse de 6 années de guerre. Cette période de paix, d’euphorie permet une augmentation considérable des naissances, sur plusieurs années. Cette accroissement perdure jusqu’en 1973.

http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATTEF02218

Si l’on considère uniquement les chiffres pour les années 1950 à 1980, on observe que le baby boom est irrégulier, il chute à partir  de 1960 mais reprend à partir de 1970. Cependant sa valeur est toujours supérieure à 800 000 naissances par an. 1973, premier choc pétrolier, c’est le krach des naissances. En 1980, le nombre de naissances passe sous la barre des 800 000.

II)                Les caractéristiques

La natalité française possède certains aspects qui lui sont propres.

a)      L’âge


http://www.ined.fr/fichier/t_publication/1502/publi_pdf1_465.pdf

L’âge du premier enfant recule depuis 30 ans, en 1979 il est évalué à 25 ans alors qu’en 2009 les femmes ayant accouché ont 30 ans. Ce recul est général dans les autres pays européens. L’âge de la maternité va-t-il continuer à augmenter ?

http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/034000116/0000.pdf

Les pages à considérer sont les numéros 20 (deuxième paragraphe) à 21. La natalité a baissé chez les jeunes femmes âgées de 25 ans. En revanche il augmente chez les femmes d’une trentaine d’années.

b)      La répartition géographique de cette natalité et sa disparité

http://www.dailymotion.com/video/xfdipj

Les couples de la région parisienne ont de plus en plus d’enfants. Le plus fort taux de natalité revient à la Seine Saint Denis et au Val d’Oise. Dans ces deux départements résident une forte part d’ouvriers et d’immigrés. En revanche, à Paris, les femmes ont moins d’enfants et les ont plus tard : vers 30 ans ou 40 ans pour les femmes divorcées  désirant reformer un nouveau foyer.

http://cairn.accesdistant.bnr.univ-catholille.fr/revue-population-2009-3-page-445.htm

Pour cet article, il faut considérer le paragraphe 17 et les tableaux 16 et 17. Grâce à eux, il est possible de répertorier les régions et départements français où la natalité est la plus forte, le Nord Pas de Calais,la Bretagne et  la Seine Saint Denis. Celle-ci est due à des facteurs culturels. En revanche elle est plus faible en  Corse où encore dans le Massif Central, régions où la part de population jeune est partie. Ainsi ses régions du “Sud” possède une population  plus vieille.

c)      le type de couple accueillant l’enfant


http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATnon02231

Considérons la dernière colonne du tableau.  Depuis 2006, la part d’enfant naissant hors mariage croît : en effet il a augmenté de 4,5 %, passant de 50,5% à 55%. Le nombre de  mariage baisse.

http://www.ined.fr/fichier/t_publication/1366/publi_pdf1_447.pdf

Les deux paragraphes « des naissances hors mariage même chez les plus pratiquants » et «  les pratiquants ont plus d’enfants » permettent d’exposer deux aspects. Le premier rappelle l’idée précédente que même chez les plus pratiquants, le nombre d’enfant hors mariage augmente de plus en plus. D’autre part plus une famille est pratiquante et croyante plus elle aura d’enfants : en général 0,5 enfant de plus qu’un couple non croyant.

http://cairn.accesdistant.bnr.univ-catholille.fr/revue-population-2010-3-page-475.htm

La fécondité est liée au niveau d’étude. En effet les femmes les moins diplômées ont leur premier enfant plus jeune, à environ 25 ans tandis que les femmes ayant un niveau d’étude élevé ont leur premier enfant plus tardivement.

http://www.geopopulation.com/20080822/demographie-france-championne-europe-de-la-fecondite/

Pour cet article, considérons le dernier paragraphe. De plus en plus d’enfants naissent dans des familles  PACS ou recomposées. Ceci peut expliquer pourquoi les femmes de 40 ans ont de plus en plus d’enfants.

III)              L’exception européenne

La France est devenue la championne d’Europe de la fécondité alors que le nombre de naissance périclite dans les autres pays. Quelles en sont les raisons ?

a)      Comparaison avec les autres pays européens


http://www.ined.fr/fr/pop_chiffres/pays_developpes/indicateurs_fecondite/

Considérons uniquement les pays voisins de l’Europe, tel l’Allemagne, l’Italie, l’Angleterre et l’Espagne. L’Allemagne a le taux de fécondité le plus faible : 1,35 suivie par l’Italie et l’Espagne avec une fécondité évaluée à 1,4. Ce manque de naissances explique que ces pays disposent d’une population plus âgée.

https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/rankorder/2127rank.html?countryName=France&countryCode=fr&regionCode=eu&rank=132#fr

Ce document issu de la CIA expose la fécondité atypique de la France d’un point de vue mondial. La France arrive à la 132ème place, juste derrière l’Irlande. Elle est le 2ème pays le plus fécond du continent européen. La France succède à tous les pays africains. L’Allemagne, en revanche, atteint la 199ème place.

http://www.population-demographie.org/pdf/2-FECONDITE_UE.pdf

Cette carte datant de 2002 permet de résumer ce paragraphe et d’exposer aux lecteurs le rôle prépondérant de la France dans la natalité, comparé aux autres pays européens. Le cas de l’Irlande est à exclure. Les pays à forte natalité sont nordiques, ils appliquent le modèle scandinave.

b)      Les raisons


http://www.ined.fr/fichier/t_publication/1368/publi_pdf1_448.pdf

Les femmes françaises font plus d’enfant que les allemandes ou les italiennes par exemple, car la France dispose de structures adaptées comme les crèches, qui permettent aux mères de reprendre leur travail et non de s’arrêter après l’accouchement, contrairement à certains pays. La France a adopté un modèle scandinave.

http://www.ined.fr/fichier/t_publication/1207/publi_pdf1_pop_et_soc_francais_426.pdf

Il est possible de nuancer le 1er article avec le numéro 426 de l’INED. En effet, même si les femmes disposent de structures afin de pouvoir concilier enfant et vie professionnelle,la réduction du temps de travail augmente pour le 2ème ou le 3ème enfant. Plus une femme aura un poste important, moins le congé parental sera long.

http://www.lexpansion.com/economie/pourquoi-la-france-affiche-un-taux-de-natalite-si-eleve_195788.html

Une politique familiale a été mise en place, les impôts ont été allégés, afin de stimuler la natalité même si elle n’en est pas l’unique raison. En effet, la forte fécondité est en lien avec des valeurs culturelles et sociales.

http://www.cairn.info/revue-de-l-ofce-2001-2-page-253.htm

Le comportement de fécondité dépend pour la majeure partie de la mentalité des femmes. Une française voudra à la fois mener une vie professionnelle et familiale. Selon elle, un enfant doit fréquenter les crèches afin qu’il se sociabilise. En revanche une Allemande ou une Espagnole pense qu’une mère doit s’occuper à plein temps de son enfant. Cela l’empêche d’exercer un métier. L’enfant unique est préconisé.

Conclusion: Et dans 50 ans ?

Actuellement, malgré un taux de fécondité élevé, le renouvellement des générations n’est pas possible. Effectivement, cette hausse du nombre de naissances n’est pas liée à  une augmentation de la fécondité, les couples font juste leur enfant plus tard.

Quelques soient les hypothèses sur la fécondité, la mortalité, la croissance de la métropole sera assurée jusqu’en 2025. Elle comptera de 58 à 70 millions d’habitants. Un tiers de la population sera âgée de plus de 60 ans contre un cinquième en 2000.

Afin d’améliorer le taux de fécondité, il faudrait verser des allocations familiales dès le 1er enfant, étendre le mode de garde généralisée aux moins de trois ans et tenir compte des revenus dans le calcul des aides familiales. Ainsi, ces mesures permettraient peut être de ralentir le vieillissement du pays en redynamisant la fécondité sur un long terme.

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