Monographie du Massif Central

 

Figure : La chaîne des Puys

Les altitudes sont modestes dans le Massif central : la moyenne est de 700 mètres environ, et le point culminant, le puy de Sancy, atteint 1 886 mètres. Cependant, le Massif central est, de très loin, le plus vaste massif montagneux de la France et couvre 85 000 kilomètres carrés. Le nom même de Massif central est récent et d’origine savante : ce sont deux naturalistes, Dufrénoy et de Beaumont, qui ont su reconnaître, en 1840, l’unité géologique commune à un grand nombre de petites contrées qui s’ignoraient. Puis la notion devint vite populaire grâce à l’école primaire et à ses cartes murales. On vit dans le Massif central le « château d’eau de la France » mais aussi son « pôle répulsif » qui envoyait des émigrants aux quatre coins de l’horizon vers les plaines riches : Bassin parisien, bassin d’Aquitaine, couloir rhodanien, plaine du Languedoc. Aujourd’hui, la personnalité du Massif central reste forte, mais il connaît un certain nombre de problèmes, d’ordre démographique en particulier, que son désenclavement et le développement de nouvelles activités économiques devraient permettre de résoudre.

L’accessibilité aux territoires et aux services est un élément indispensable au développement. Le Massif central a vu sa situation nettement améliorée depuis trente ans par de grandes réalisations autoroutières, mais il reste structurellement fragile, du fait de son relief et de sa faible densité de population, pour l’ensemble des moyens de desserte, routière, ferroviaire, aérienne, et numérique.

L’évolution actuelle des services, le développement de la pluri modalité, la diffusion des technologies de l’information et des communications (TIC) et la décentralisation de la gestion de nombreux axes routiers nécessitent la recherche des meilleures synergies possibles entre acteurs à l’échelle du Massif central et des solutions innovantes de services de transports, adaptées à sa spécificité géographique, et respectueuses des orientations générales en faveur du développement durable.

Nous allons donc réaliser, à travers ce billet, une brève monographie de la région du Massif Central, en tenant compte de sa spécificité géographique, au niveau physique et démographique.

Plan : I/ Le Massif Central : un massif original.

II/ Le dépeuplement rural.

III/ Les perspectives d’avenir.

I/ Un massif original.

Géologie du Massif central

Le Massif central est un fragment géologique de la vieille chaîne hercynienne, au même titre que le Massif armoricain, les Vosges, le Massif schisteux rhénan. Il a participé au même plissement à la fin de l’ère primaire : c’est au Carbonifère que se forment les dépressions houillères entre de hautes montagnes. L’ensemble fut nivelé ensuite par différentes surfaces d’érosion ou pénéplaines. Les principales roches affleurant à l’air libre sont donc celles de la profondeur de l’édifice hercynien : granites, gneiss, schistes. L’aspect dominant est celui d’un plateau entaillé de multiples cours d’eau et, parfois, de gorges profondes. Partout le relief est en « creux », les rivières ayant répondu par un creusement au soulèvement des pénéplaines.

Les dislocations d’âge tertiaire ont découpé le massif en différents compartiments inégalement soulevés. Les failles sont d’autant plus vigoureuses qu’on se rapproche des champs de force des Pyrénées et des Alpes : d’où les admirables paysages du Sud-Est, dans les Cévennes, où les sommets de l’Aigoual (1 565 m) et du mont Lozère (1 702 m) dominent abruptement le bas Languedoc. Le centre du massif, l’Auvergne, connaît aussi de grandes dénivellations : les monts du Forez dominent de plus de 1 000 mètres les bassins de l’Allier et de la Loire. Vers le nord, le Morvan (900 m) fait encore partie du même système de soulèvement, ici affaibli. Au nord-ouest, le Limousin est plus monotone, et la « montagne » limousine n’est qu’un plateau parmi d’autres, un peu plus élevé.

Sur une carte des cours d’eau, apparaît la même disposition. Les rivières qui s’écoulent vers le nord, comme la Loire et l’Allier, et vers l’ouest, comme la Dordogne et le Lot, sont d’une grande ampleur. En revanche, les versants qui regardent les Alpes et les Pyrénées sont sillonnés de véritables torrents : Ardèche, Gardons, Orb…

On doit mettre à part une région originale, les Grands Causses. Elle doit son aspect particulier à de puissantes couches de calcaires secondaires, très perméables et très solubles, qui ont recouvert le vieux socle hercynien. Les vastes surfaces pierreuses, les rochers ruiniformes, les grottes et les abîmes composent un paysage insolite. Mais comme ailleurs, et plus encore, l’impression de plateau soulevé est saisissante ; au-dessous des corniches blanchâtres, les gorges de rares rivières (Jonte, Tarn) sont entaillées sur 500 mètres de profondeur.

Au-dessus des plateaux se dressent des volcans d’âge tertiaire et quaternaire. Les émissions de lave ont eu dans le massif une ampleur inégalée ailleurs en Europe. Une grande partie de l’Auvergne est ainsi couverte de volcans selon un axe nord-sud, depuis la chaîne des Puys jusqu’à l’Aubrac, en passant par les monts Dore et le Cantal. Une autre province volcanique intéresse le Velay (massif du Mézenc) et se prolonge en Vivarais avec les coulées de lave du Coiron qui se terminent en belvédère noirâtre au-dessus du Rhône. Parfois, les formes volcaniques sont très pures, avec des cônes réguliers, des cratères circulaires, des lacs de barrage, parce que les éruptions sont très récentes : certains puys près de Clermont-Ferrand n’ont pas 8 000 ans, encore qu’aucun ne soit actuellement en activité. Ailleurs, les masses volcaniques sont plus anciennes et plus complexes ; elles se sont empilées en « planèzes » monotones (Aubrac) ou forment de véritables montagnes, comme dans le Cantal (1 856 m) ou dans les monts Dore qui culminent à 1 886 mètres au puy de Sancy.

Les plaines intérieures ne sont pas absentes, mais souvent étroites. Autour des Causses, les « vallons » de Mende et de Millau font figure de bons pays. Sur le plateau fondamental de granite, de petits bassins effondrés introduisent localement un peu moins de rudesse : il en est ainsi à Aurillac, à Montluçon. Dans l’Est, deux couloirs dégagés dans les anciens dépôts houillers jouent un rôle majeur pour unir les pays de la Loire et les pays de la Saône et du Rhône : ce sont les dépressions du Creusot et de Saint-Étienne. Partout, la vie urbaine s’est concentrée dans les petites plaines, mais l’espace manque. Deux exceptions toutefois sont constituées par les deux effondrements de direction méridienne qui ont guidé le cours de la Loire supérieure (bassin du Puy, du Forez, de Roanne) et de l’Allier (Petite et Grande Limagne). Ils ouvrent le Massif central vers le nord, en direction de la région parisienne ; mais ils se terminent en cul-de-sac vers le sud, enfermés par des plateaux compacts.

La véritable haute montagne n’existe pas dans le Massif central : il n’y a pas de glaciers, pas le moindre névé au cœur de l’été. Mais le climat est bien celui d’une « moyenne montagne », rude et surtout capricieux. En hiver, les bassins peuvent être encore plus froids que les sommets lors des journées brumeuses et calmes d’inversion de température. Sur les hauteurs la neige tombe et fond alternativement de novembre à mai. Mais quand le vent souffle par temps de neige (écir et/ou burle), la circulation sur les hauts plateaux devient presque impossible. Curieuse montagne : la neige manque parfois au moment des sports d’hiver mais gêne les transports plus fortement que dans les grandes vallées alpestres.

Sources :

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/cartes/transports-et-reseaux/c001091-les-projets-du-pole-d-excellence-rurale-bio-ressource-des-hautes-terres-en-auvergne

http://goeurope.about.com/od/france/p/saint_flour.htm

http://universalis.accesdistant.bnr.univ-catholille.fr/encyclopedie/massif-central/

Ce lien reprend le plan de l’étude.

http://norois.revues.org/1400

http://norois.revues.org/1868

 

II/ Le dépeuplement rural.

 

 

 

Ruralité et villages du Massif central

Une grande partie du massif a été peuplée très tôt : les hautes terres ont attiré les pasteurs et les troupeaux, et les régions basses permettaient des cultures variées, céréales, vignes jusqu’à 600 ou 700 mètres d’altitude, et un petit élevage. Jusque vers le milieu du xixe siècle, les villages, les hameaux et les fermes du massif ont connu une vie intense et n’ont cessé de se peupler. Dans les années 1870, le Massif central abritait plus de 5 millions d’habitants, en majorité des ruraux. Le passage du peuplement au dépeuplement rural s’est fait graduellement.

Dans un premier temps, au cours du xixe siècle, les petites gens sont parties par nécessité absolue, pour gagner quelque argent et dans l’espoir de revenir « au pays » pour s’établir. Le manque de travail, les enfants trop nombreux, les dettes, l’hiver trop long, tout cela a joué pour entraîner sur les routes d’innombrables scieurs de long, sabotiers, ramoneurs, terrassiers, colporteurs, chaudronniers… Le Limousin a fourni énormément de maçons, de cochers de fiacre, de marchands de vin. Le Cantal des colporteurs a connu, à la fin du xixe siècle, une véritable spécialisation avec les marchands de toile de l’Artense et du Cézallier.

Après une certaine atténuation, liée aux événements de la Seconde Guerre mondiale, la dépopulation reprend vigoureusement après 1946. Ce fut, en quelque sorte, une manière de rattraper le temps perdu. Cependant, pour la première fois depuis longtemps, on note des discordances ; en effet, dans certains milieux ruraux, la population de 1954 est parfois supérieure à celle de 1946, et même quelquefois à celle de 1936.

L’émigration définitive conduit au vieillissement qui, à son tour, détériore la vitalité « naturelle ». Il convient pourtant de nuancer ce tableau trop général de la crise rurale. Il s’applique surtout aux régions les plus montagnardes et les plus isolées où la pauvreté rurale est flagrante. La chute du nombre de naissances est responsable de la constante augmentation du déficit naturel de population, alors que le nombre de décès est resté stable. De fait, depuis la fin des années 1970, les décès excèdent les naissances dans les régions isolées. Pour autant, si la tendance est toujours négative, la population décroît dans les années 2000 trois fois moins vite qu’à la fin du xxe siècle (principalement dans le sud du Massif).

Sources:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Massif_central

 

III/ Les perspectives d’avenir.

Les petites villes ne manquent pas dans le Massif central : on pourrait dénombrer plus d’une centaine de minuscules villes de 2 000 à 10 000 habitants. Ce sont, le plus souvent, des « villes-marchés », lieux de foire et de ravitaillement pour les campagnes environnantes. Mais ces petites cités souffrent de la perte de leur clientèle rurale. L’industrie est à peu près absente de ces bourgades. À un niveau supérieur, on trouve des villes moyennes dont le rayonnement régional est plus vaste. Ainsi Rodez, ou encore Aurillac : points de convergence des lignes d’autobus ou de chemins de fer régionaux, petits centres bancaires et administratifs vivant surtout d’une clientèle campagnarde.

D’autres villes ont maintenu et modernisé une vieille tradition industrielle. Celle-ci pouvait tenir à l’utilisation précoce de la force des cours d’eau, au traitement des matières premières locales (bois, laines, cuirs), à l’esprit inventif des artisans. Mazamet, ville du tissage de la laine, a su se spécialiser au bon moment dans le délainage des peaux de mouton et conserve une renommée mondiale. Saint-Junien, en Limousin, et Millau, dans l’Aveyron, fabriquent encore une bonne partie des gants de peau français mais souffrent cruellement de la concurrence étrangère. Thiers vit comme autrefois de la coutellerie et, depuis peu, des matières plastiques. Ces petites villes industrielles comptent beaucoup de petites affaires, mal dégagées de l’artisanat.

À l’est du massif, Saint-Étienne (175 700 hab. en 2005 et 291 960 hab. dans l’agglomération) garde une spécificité industrielle tout en s’efforçant d’attirer des entreprises liées aux nouvelles technologies (optique). Quant à l’agglomération de Clermont-Ferrand, plus au nord, elle dépasse les 250 000 habitants.

Clermont-Ferrand

Le tourisme connaît un fort développement dans tout le Massif central. Il est vrai que la région disposait déjà de certains atouts, comme ses stations thermales (La Bourboule, Le Mont-Dore, Vichy, etc.) fréquentées depuis longtemps par les curistes. D’autres stations, polyvalentes et consacrées aux sports et loisirs (ski, randonnée), sont ouvertes été comme hiver : Besse, Super-Besse, Le Lioran… La mise en valeur des magnifiques paysages s’est traduite par la création de quatre parcs naturels régionaux inclus en totalité dans l’espace géographique du Massif, auxquels il faut ajouter quelques territoires de quatre autres parcs. Cet effort de valorisation du patrimoine s’est accompagné de la mise en place d’une importante capacité d’accueil (dont les campings représentent 40 p. 100).

Le tourisme est donc devenu une composante essentielle de l’économie régionale. Force est de constater que le Massif est parsemé de nombreux châteaux, villages et sites propres à susciter l’intérêt du voyageur ; les sommets du Puy-de-Dôme et du Puy-Mary, le village de Conques (sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle) sont les lieux les plus visités. Grottes (Padirac) et parcs à thème (Vulcania, Micropolis) ou animaliers renforcent une offre déjà fournie. Le nombre de résidences secondaires y est élevé, supérieur à la moyenne nationale (14 contre 10 %), suffit à souligner la valeur touristique du Massif central et l’intérêt primordial de poursuivre une stratégie de développement des atouts de la région.

Le désenclavement du Massif central, en guise de conclusion, a longtemps été la revendication prioritaire de ses élus. À juste titre, ils le considéraient comme indispensable à son avenir économique et humain. Si ce dernier n’est pas encore assuré, le désenclavement est aujourd’hui acquis, à défaut d’être complètement achevé. Ainsi le Massif n’aura-t-il jamais été aussi central, pouvant enfin jouer de sa position géographique privilégiée au cœur de l’Europe. La construction d’autoroutes (telles l’A 20 traversant la région du nord au sud par sa partie occidentale, l’A 89 reliant Bordeaux à Clermont, l’A 71 et l’A 75), la rénovation et la construction d’infrastructures (tunnel du Lioran, viaduc de Millau), la réfection de nombreuses voies ferrées, la montée en puissance du hub (plate-forme aéroportuaire) de Clermont-Ferrand, reliant le Massif aux métropoles françaises et européennes, sont autant d’éléments favorables au nouveau départ d’un espace géographique représentant 14 % du territoire français.

Sources :

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/104000430-avis-du-cgedd-sur-le-bilan-loti.-a75-clermont-ferrand-severac-le-chateau

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/104000104-avis-du-cgedd-sur-le-bilan-loti-de-l-electrification-de-la-ligne-ferroviaire-paris

http://goeurope.about.com/od/autoroutea75travel/Autoroute_A75_Travel_and_Tourism_Information_for_A75_in_France.htm

 

 

Enfin, nous pouvons terminer notre travail, en mettant en exergue 4 vidéos, liées au sujet :

http://www.ina.fr/economie-et-societe/vie-economique/video/CAA7601040401/le-desenclavement-du-massif-central.fr.html#

(L’accès à la vidéo de l’INA est réservé aux membres du site)

Ce lien montre le désenclavement du Massif central.

http://www.myskreen.com/documentaire/2961294-echappees-belles/3117361-le-massif-central

Ce lien est un reportage de près d’une heure sur le Massif central.

http://www.youtube.com/watch?v=ETdw2hDTMwk

Ce lien est intéressant concernant le développement des constructions durables, dans le Massif central.

http://www.wat.tv/video/massif-central-est-hiver-on-4mb4p_2eyxv_.html

Ce lien montre le Massif central et les difficultés hivernales. Cela témoigne de la profonde ruralité de cette partie de la France , et de l’enclavement relatif, que les politiques se sont attelés à gommer depuis la fin du 20ème siècle.

 

 

 

Carte de localisation du Massif central.

Carte de localisation du Massif central

 

 

Parc naturel en Auvergne

 

 

 

 

Le désenclavement du Massif central

 

Bibliographie:

 

J. Anglade, La Vie quotidienne dans le Massif central au XIXe siècle, Hachette, 1971

L’Auvergne et le Massif central d’hier et de demain, J.-P. Delarge, 1981

S. Derruau-Boniol & A. Fel, Le Massif central, coll. Que sais-je ?, P.U.F., Paris, 3e éd. 1970

L’Auvergne, le Bourbonnais, Larousse, Paris, 1973

J. P. Diry & C. Mignon, Les Friches dans le Massif central, mythes et réalités, P.U.P.B. (Presses universitaires Blaise-Pascal), Clermont-Ferrand, 2001

A. Fel & G. Bouet, Atlas et géographie du Massif central, Flammarion, Paris, 1983

rééd. 2007

L. Gachon, L’Auvergne et le Velay, Gallimard, Paris, 1948

Massif central-Carpates polonaises : cinquième colloque franco-polonais, [Clermont-Ferrand, septembre 1996] / [organisé par le] CERAMAC, Centre d’études et de recherches appliquées au Massif central, à la moyenne montagne et aux espaces fragiles [et l’UPRES-A 6042, Géodynamique des milieux naturels et anthropisés]

( Dossier). Massif Central / réalisé par le Commissariat à l’Aménagement du Massif Central-DATAR, avec le concours des Directions régionales Auvergne, de l’Equipement, de l’Agriculture et de la Forêt, de l’INSEE et de l’ADIMAC
Alphabet du titre :
latin
Auteur(s) :
Date(s) :
(1986)
Langue(s) :
français
Pays :
France

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